Départ de Barcelone mardi 25 à 9h30. Le but est de se rapprocher de Gibraltar pour enfin quitter la Méditerranée. Et dés les premières heures, celle-ci mérite sa réputation. J’ai compté 10 changements de vent au cours des 22 premières heures de navigation, dont 4 heures de vent dans le nez au début de la nuit (large de Tarragone). Moralité, rangement du régulateur d’allure au profit du pilote automatique.
La seconde journée se passe comme prévu, 20 nœuds de vent dans les fesses, 3 /4 de génois, et le bateau qui avance comme une fleur, un régal… mais c’était trop beau pour durer à cette époque.
Arrivée à la tombée de la nuit au Cabo de la Nao et le vent commence à monter, mais rien de dramatique. Je réduit le génois à moitié, et tout continu parfaitement, mais la météo Espagnole annonce un BMS pour la baie de Alicante avec force 8, forcissant en fin de journée dans le sud de cette baie et mer agitée passant à très forte. Ca tombe mal, c’est là que je suis et là que je vais.
Que faire, me rapprocher des côtes et m’abriter vers Calpé ou rester au large, ce qui est la prudence, surtout en étant seul. Et puis, j’en ai marre de cette mer qui ne veut pas me laisser sortir et je veux avancer. Donc seconde solution, je continu.
En fin de compte, avec 1/3 de génois, le bateau avance à merveille et je suis entre 7 et 8 nœuds dans un confort très agréable. J’ai fais le bon choix et les milles défilent.
Le vent forci avec la tombée de la nuit, mais plein arrière, mais avec ce string à l’avant, c’est parfait.
A 2 heures du matin, radar en veille, je m’accorde un peu de repos.
Réveil à 2h30, le bateau est couché sur bâbord. Cela a duré 10 secondes, mais bonjour le bordel dans le bateau et bonjour le vol plané depuis la couchette. Je sors vite vérifier s’il y a des dégâts dehors et heureusement rein, si ce n’est 3 à 4 chandeliers légèrement rentrés. Rien au niveau du gréement et autre, mais une odeur de cramé. Le pilote auto n’a pas aimé et, en butée, il a du forcer, et le voilà définitivement HS.
J’ai vite compris ce qui m’arrivait. Approche du Cabo de Palos et voilà cette mer « très forte » annoncée la veille. Sans pilote, me voilà réduit à ne plus lâcher la barre et à surfer au mieux les déferlantes. Avec 1/3 de génois, le moteur mis en route en sécurité, le speedo ne descend plus sous les 8 nœuds et même sous les 9 nœuds.
Deux surfs loupés, et me revoilà presque couché, et la seconde fois, envoyé en l’air de l’autre côté du cockpit, et sous l’eau. Marins, pensez bien à vous attacher. Ca ne protège pas des coups, mais ça sauve la vie.
La mer a déferlé comme cela jusqu’à 8h30 et à 7 heures, j’ai même croisé un porte container en difficulté.
Fini Almérimar, direction Cartagena. Arrivé à 9h30, soit 48h de nav depuis Barcelone.
Trempé et commençant à ressentir le froid, je rentre à la nouvelle marina (à droite en entrant).
Accueil sympa, deux marinéros qui me regardent comme un extra terrestre et deux Français qui viennent m’accueillir et se rencarder sur ce fou en bateau rouge qui vient de dehors.
Voila ma première expérience de vrai grosse baston en solitaire, mais de vous à moi, je n’ai ressenti aucun stress et « Pouletou » m’inspire de plus en plus confiance et respect. Et puis, tant pis si j’ai envie d’avancer, je lui ai promis que la prochaine fois, j’écouterai ce que disent les BMS.
Pour me faire pardonner, je lui ai commandé un pilote automatique tout neuf.
PS : Si des sponsors veulent bien se faire connaître, je suis à leur écoute et prêt à étudier toutes propositions (enfin presque…)
A si, j’oubliai : Vol à travers le bateau plus vol dans le cockpit, ça doit laisser des traces. A chaud, je n’ai rien senti, mais en se refroidissant… J’ai un bleu de la hanche droite qui va jusqu’au bas du dos. Intouchable et surtout je marche comme Casimodo quand je suis chaud et en m’appuyant contre les murs à froid. Je souffre le martyre. Bien fait pour moi me dit « Pouletou » quand je me tord de douleur pour me déplacer à bord.
Prochain article, Carthagène, son port, sa boulangerie, son église etc…
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