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Me voilà donc chez les grands Bretons.

Comme prévu, je suis donc parti de Cartagene samedi 06 décembre à 9h45.

J’arrive enfin en vue de Gibraltar le lundi en début d’après-midi et je me dis que ce n’est pas plus mal de m’arrêter ici car ça devrait me dépayser plus que Ceuta qui reste l’Espagne.

Le seul voilier, qui plus est Français, que je vois depuis 2 jours et demi me parait en difficulté avant l’entrée de Gib. Effectivement, ils sont en panne moteur et me demandent si je peux les remorquer jusqu’au port. Me voici donc avec un Océanis 460 et son équipage de 4 personnes (qui le skippent jusqu’en Martinique) accroché aux fesses. Je les ai déposé comme une fleur devant la capitainerie de Marina Bay. Merci Marc pour les leçons de remorquage à l’arrache à Gruissan !

Effectivement, ça fait bizarre de se balader dans Main-street et de parler Anglais, ce qui tout de même plus simple que l’Espagnol pour moi.

Comme en Angleterre, les commercent sont tenus par des Indiens, sauf que les prix sont détaxés, mais pas si intéressants que cela (sauf l’alcool, le tabac et encore moins qu’en Andorre) mais par contre, ils roulent à droite. Ils sont vraiment fous ces Bretons.

A si, 160 litres de gas-oil pour 106€, pas mal tout de même.

Comme prévu, le temps est typiquement Anglais. “Good time for the duck” disent t’ils. Il pleut. J’aurais aimer vous mettre plus de photos en visitant plus le coin, mais il fait vraiment trop mauvais.

Départ demain matin pour les Canaries. Nous sommes 5 bateaux Français à partir le même jour. C’est la première escale ou j’ai senti l’odeur du voyage. Beaucoup de petits bateau de propriétaires qui partent pour le grand voyage et de gros bateaux skippés pour se rendre aux Antilles le plus vite possible et aussi quelques personnes qui partaient pour le grand voyage mais qui restent scotchés au quai.

Pour vous rassurer, c’est surtout les gros bateaux et surtout les catas tout neufs qui ont de la casse. Aux prix ou ils sont, ça fait réfléchir…

Bientôt  le soleil sur télé pouletou…

Enfin, j’ai reçu le pilote automatique, mais il me manque encore une pièce que je dois recevoir vendredi.

Une fenêtre météo semble s’ouvrir samedi et je pars donc samedi matin pour Gibraltar. Je compte arriver lundi matin au détroit et je pense m’arrêter une journée à Ceuta. Il semble que je puisse repartir mardi matin pour les Canaries. Il est ensuite prévu 25 à 30 nœuds dans les fesses ce qui doit me permettre de bien avancer.

J’ai croisé un équipage Français d’un méthanier en escale qui ont prient 87 nœuds au large de l’Algérie. Même sur leur bateau de 125 mètres, ils ont trouvé cela impressionnant.

Demain, approvisionnement en frais : viande, légumes, fruits et mantéquilla.

Je fais mes adieux à un copain rencontré dans les rues. Pas bavard mais sympa.

A bientôt, à Ceuta ou directement aux Canaries.

Pouletou

Me voici donc à Cartagene.

Depuis ce matin, même si je marche toujours en boitant, j’arrive à me lever presque normalement.

J’ai commandé un pilote automatique mais comme il n’arrive que mercredi ou jeudi, j’ai le temps de visiter cette magnifique ville.

J’en ai aussi profité pour réparer et même consolider ma descente qui n’a pas aimé la branlée du cabo de Palo.

En ce moment, c’est la tempête avec vent qui vient de Gibraltar. Il y a une fenêtre météo lundi et mardi pour passer enfin en Atlantique mais malheureusement je vais le louper et je prendrai donc le prochain wagon.

Deux bateau Français vont en profiter pour passer. Un « évasion 34 » de 38 ans, avec le père et son fils et un « Catana 50 » tout neuf avec un équipage de trois marins qui doivent livrer le bateau en Guadeloupe le 27 décembre. Ils ont, eux aussi, grillé le Pilote, au même endroit que moi, mais 24 heures plus tôt.

Vous pourrez voir ci-dessous quelques vues de la ville et du « Museo National de Arqueologia Subacuatica » qui a été inauguré, la veille de mon arrivée, par l’infante Christina. Elle ne m’a même pas attendu !

Voila pour les dernières nouvelles. Je vous tiens au courant pour la fenêtre météo suivante et si tout va bien, prochaine escale à Gibraltar, Ceuta, ou pourquoi pas les Canaries si c’est une porte fenêtre.

A bientôt

Départ de Barcelone mardi 25 à 9h30. Le but est de se rapprocher de Gibraltar pour enfin quitter la Méditerranée. Et dés les premières heures, celle-ci mérite sa réputation. J’ai compté 10 changements de vent au cours des 22 premières heures de navigation, dont 4 heures de vent dans le nez au début de la nuit (large de Tarragone). Moralité, rangement du régulateur d’allure au profit du pilote automatique.

La seconde journée se passe comme prévu, 20 nœuds de vent dans les fesses, 3 /4 de génois, et le bateau qui avance comme une fleur, un régal… mais c’était trop beau pour durer à cette époque.

Arrivée à la tombée de la nuit au Cabo de la Nao et le vent commence à monter, mais rien de dramatique. Je réduit le génois à moitié, et tout continu parfaitement, mais la météo Espagnole annonce un BMS pour la baie de Alicante avec force 8, forcissant en fin de journée dans le sud de cette baie et mer agitée passant à très forte. Ca tombe mal, c’est là que je suis et là que je vais.

Que faire, me rapprocher des côtes et m’abriter vers Calpé ou rester au large, ce qui est la prudence, surtout en étant seul. Et puis, j’en ai marre de cette mer qui ne veut pas me laisser sortir et je veux avancer. Donc seconde solution, je continu.

En fin de compte, avec 1/3 de génois, le bateau avance à merveille et je suis entre 7 et 8 nœuds dans un confort très agréable. J’ai fais le bon choix et les milles défilent.

Le vent forci avec la tombée de la nuit, mais plein arrière, mais avec ce string à l’avant, c’est parfait.

A 2 heures du matin, radar en veille, je m’accorde un peu de repos.

Réveil à 2h30, le bateau est couché sur bâbord. Cela a duré 10 secondes, mais bonjour le bordel dans le bateau et bonjour le vol plané depuis la couchette. Je sors vite vérifier s’il y a des dégâts dehors et heureusement rein, si ce n’est 3 à 4 chandeliers légèrement rentrés. Rien au niveau du gréement et autre, mais une odeur de cramé. Le pilote auto n’a pas aimé et, en butée, il a du forcer, et le voilà définitivement HS.

J’ai vite compris ce qui m’arrivait. Approche du Cabo de Palos et voilà cette mer « très forte » annoncée la veille. Sans pilote, me voilà réduit à ne plus lâcher la barre et à surfer au mieux les déferlantes. Avec 1/3 de génois, le moteur mis en route en sécurité, le speedo ne descend plus sous les 8 nœuds et même sous les 9 nœuds.

Deux surfs loupés, et me revoilà presque couché, et la seconde fois, envoyé en l’air de l’autre côté du cockpit, et sous l’eau. Marins, pensez bien à vous attacher. Ca ne protège pas des coups, mais ça sauve la vie.

La mer a déferlé comme cela jusqu’à 8h30 et à 7 heures, j’ai même croisé un porte container en difficulté.

Fini Almérimar, direction Cartagena. Arrivé à 9h30, soit 48h de nav depuis Barcelone.

Trempé et commençant à ressentir le froid, je rentre à la nouvelle marina (à droite en entrant).

Accueil sympa, deux marinéros qui me regardent comme un extra terrestre et deux Français qui viennent m’accueillir et se rencarder sur ce fou en bateau rouge qui vient de dehors.

Voila ma première expérience de vrai grosse baston en solitaire, mais de vous à moi, je n’ai ressenti aucun stress et « Pouletou » m’inspire de plus en plus confiance et respect. Et puis, tant pis si j’ai envie d’avancer, je lui ai promis que la prochaine fois, j’écouterai ce que disent les BMS.

Pour me faire pardonner, je lui ai commandé un pilote automatique tout neuf.

PS : Si des sponsors veulent bien se faire connaître, je suis à leur écoute et prêt à étudier toutes propositions (enfin presque…)

A si, j’oubliai : Vol à travers le bateau plus vol dans le cockpit, ça doit laisser des traces. A chaud, je n’ai rien senti, mais en se refroidissant… J’ai un bleu de la hanche droite qui va jusqu’au bas du dos. Intouchable et surtout je marche comme Casimodo quand je suis chaud et en m’appuyant contre les murs à froid. Je souffre le martyre. Bien fait pour moi me dit « Pouletou » quand je me tord de douleur pour me déplacer à bord.

Prochain article, Carthagène, son port, sa boulangerie, son église etc…

Première étape, non prévue initialement, mais dictée par la météo et le bon sens. Me voici donc à Barcelone. J’ai largué les amarres jeudi 20 novembre à 8 heures de Gruissan, avec l’aide et le soutient de Louis et Jean-Pierre. C’était vraiment sympa de leur part d’être là.

Vent force 5 au départ puis 7 et même 8 au passage de Leucate. J’ai croisé un catamaran au large de Barcarès et appris par la suite (suite à un pan, pan, pan) qu’il avait démâté au passage de Leucate. C’est le seul voilier que j’ai croisé si ce n’est un autre, de nuit, au large de Tossa de Mar. Comme prévu, le vent est tombé et j’ai passé le cap Creus avec la houle mais sans vent.

Première partie de la nuit au moteur avec la houle résiduelle, puis seconde partie avec 15 nœuds dans le nez. Pas très agréable mais supportable. Au lever du jour, le vent est monté à 25 nœuds de l’ouest. Trois ris et trinquette. Vu les conditions, j’ai préféré m’arrêter à Barcelone plutôt que de continuer vers Tarragona. Entrée à port Vells à midi.

Les conditions météo étant mauvaises, je vais rester ici jusqu’à mardi matin car le vent doit passer au nord dans la nuit de mardi à mercredi. Si tout se passe comme prévu, je vais profiter au maximum de cette renverse de vent le plus possible. Pour l’instant, il fait presque chaud (18°) mais ils annoncent une chute des températures avec la bascule de prés de 10°.

Je vais profiter de cette escale « forcée » pour visiter le musée de la marine et refaire des balades dans cette ville magnifique. En 24 heures, j’ai déjà mal aux jambes d’avoir tant marché, mais ça fait du bien et ça change du bateau.

J’espère arriver cette fois à mettre des photos car pour l’instant, je suis comme un idiot. Julien m’a bien montré, mais je n’y suis pas encore arrivé. Ne désespérez pas, je vais persévérer et je compte bien y arriver !

A bientôt sur « pouletou.fr » !

Et oui, nous sommes à Gruissan, et le vent est bien présent. Donc, départ reporté à jeudi matin, direction Gibraltar.

Ca y est, c’est le départ.

Ce n’est pas dur de larguer les amarres contrairement à ce que je croyais. Ce qui est difficile c’est de faire comprendre à ceux que j’aime que je ne m’éloigne pas d’eux, mais qu’au contraire, ils seront encore plus présents en moi et particulièrement mes titous. Plus le temps passe, plus ils sont en moi et plus je suis fier d’eux.

Maintenant, je suis à deux jours du départ (si la météo le veut bien) et il ne me reste plus qu’à finir mon avitaillement en frais.

Pouletou et moi sommes prêts et maintenant, vivement des températures plus clémentes. Si les vents sont favorables, je compte aller le plus directement possible vers le détroit de Gibraltar et vraisemblablement à Ceuta, faire une halte en attendant des conditions optimales pour quitter la Méditerranée.

J’espère à ce moment là vous raconter mes premières expériences et y joindre quelques photos sympas.

En attendant, merci à tous ceux qui suivent mon aventure personnelle et j’espère vous donner envie de continuer à me lire.

A bientôt !